Qu'est ce que la danse Butoh ?
La danse butô est née dans l’underground de Tokyo en 1959 avec le spectacle Kinjiki (Couleurs Interdites) de Hijikata Tatsumi.
En effet, la naissance et la nature du butô tiennent essentiellement à la personne de Hijikata Tatsumi, qui a disparu à l’âge de cinquante-huit ans en 1981.
Nous pouvons considérer la danse butô comme fille de l’orient et de l’occident. Il s'agit d'une danse qui naquit de l’interpénétration de ces deux cultures, du choc et/ou de la rencontre de ces différentes capitales culturelles. Originaire d’un Japon d’après-guerre et profondément enraciné dans la culture japonaise, le butô retranscrit les mouvements typiques du corps japonais pour créer de nouvelles formes d’expression.
Elle se caractérise pour la mise en question des concepts établis tels que : le beau et l’harmonie, la notion du danseur, la construction social corps... sont tous questionnements qui sont à la base de cette danse.
La danse butô donne un nouveau corps au danseur, et ceci fut un de ses aspects révolutionnaires. Un corps qui ne cherche pas à s’étendre vers l’extérieur, mais vit intensément ce qui le divise entre l’intérieur et l’extérieur. Le corps du butô est un corps dépouillé des codes sociaux, c’est un « corps mort » au social, ignorant de l’ego et des apparences. Il recherche à révéler des zones occultes, et réveiller les mémoires corporelles : retourner à l'instinct, à la mémoire animale, minérale et végétale de notre corps. Il remet en question les genres, se déclarant ouvertement androgyne, défiant la classification des sexes, et montrant le corps nu, au propre comme au figuré.
Pour Hijikata, l'idée n'était pas de construire un corps qui discute quelque chose, qui transmette un message, ou qui soit l'instrument de quelque chose. L'idée c'était travailler un corps qui parle par lui-même en faisant une médisance avec son milieu. Un corps chair; un corps sensation capable de danser son propre histoire. Dans sa volonté de transformer la notion de corps vécu, la technique du butô ne rappelle aucune autre technique de danse. Pour Hijkata, la danse ne résidait pas dans une composition linéaire de mouvements mais plutôt dans l’exploration de la profondeur du corps lui-même.
Notamment, Kazuo Ohno et nombreux disciples de Hijikata (Ashikawa Yoko, Waguri Yukio, Kobayashi, Mitsutaka, Amaro, entre autres) comme aussi Ohno Yoshito ont contribué à construire ce qu'on connaît aujourd'hui comment les bases du butô.
Lorna Lawrie.(extrait du travail de recherche autour du corps defigurée de butoh)
La musique acousmatique est celle dont on ne peut appréhender la provenance. Musique acousmatique et danse Butoh partagent un même souci de dégager du discours et de la convention (art traditionnel du Japon, musique savante occidentale) la matière première de leur art : le son, le mouvement. Par la recherche de l'analyse de leur vie propre, par la recherche d'un surgissement organique, par un déplacement de la perception du discours vers la matière, de la forme construite vers la forme donnée.
Michel Chion a écrit : L'écoute réduite consiste à inverser cette double curiosité pour les causes et les sens (qui traite le son comme un intermédiaire vers d'autres objets visés à travers lui) pour la retourner sur le son lui-même. C'est l'évènement que l'objet sonore est en lui même (et non auquel il renvoie) ce sont les valeurs qu'il porte en lui même (et non dont il est le support) que vise dans l'écoute réduite notre intention d'écoute
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Dans ce texte, remplacer le mot son par le mot corps et le mot objet sonore par le mot mouvement, permet d' illustrer la danse butoh.
Texte de Nathalie Lenclos - danseuse Butoh